Tout juste rentré d’un séjour équestre au Maroc, dans le cadre des Gallops of Morocco, je profite de Moncheval.net pour partager mon expérience vécue sur place et surtout parler du cheval au Maroc.

Les GALLOPS OF MOROCCO – un raid équestre de régularité (pas de vitesse !) organisé sur six jours dans l’Est du Maroc, en plein désert – a beau être une ORGANISATION EUROPÉENNE (plus particulièrement française), il m’a permis de faire connaissance avec le CHEVAL MAROCAIN (surtout Barbe et Arabe-Barbe), son utilisation et ses conditions de vie.

La première chose qui frappe au Maroc (je l’avais déjà constaté ailleurs, notamment lors du Salon du Cheval d’El Jadida), c’est LA MANIÈRE D’ATTACHER LE CHEVAL : deux pieux dans le sol, l’un relié au licol, l’autre à un antérieur. Pas certains que nos chevaux européens tolèrent cette méthode mais il s’agit au Maroc d’UNE HABITUDE voire même d’UNE TRADITION. Les chevaux semblent d’ailleurs s’en accommoder sans trop de difficultés. Entravés de cette manière, ils savent à peine se mouvoir mais parviennent néanmoins à se coucher et même à se rouler (sans se retourner).

Cette MÉTHODE, qui peut nous paraître légèrement barbare, est en tout cas EFFICACE. Les chevaux ne tirent pas au renard là-bas et en sortent sans blessure. Cette méthode est aussi NÉCESSAIRE puisque les chevaux montés au Maroc sont essentiellement des entiers. Il n’y avait même que des entiers lors de ces Gallops of Morocco. En l’absence de boxes dans le désert (il y en avait lors des Gallops of Oman en 2014 mais les moyens financiers n’étaient pas les mêmes), il était impossible de lâcher les chevaux dans de grands parcs. Une hiérarchie devant se mettre en place, les conflits auraient été interminables avec la centaine d’entiers présents.

De l’avis des cavaliers/participants aux Gallops of Morocco, le Barbe et Arabe-Barbe est UN CHEVAL GÉNÉREUX dans l’effort et RÉSISTANT. Durant le raid, les concurrents ont essuyé trois tempêtes de sable à travers les dunes et le désert. Ils ont aussi dû s’adapter à des sols différents entre le sable et les cailloux. Les chevaux se sont à chaque fois bien comportés, comme s’ils étaient fait pour ça.

Les chevaux étaient issus de centre équestre de la région et d’autres appartenaient à Joël Proust (responsable de la cavalerie), un Français qui fourni habituellement les chevaux aux grandes productions cinématographiques tournées dans la région. La SOREC (Société Royale d’Encouragement du Cheval) s’était aussi déplacée avec deux équipes de six chevaux. Tous magnifiques !

Le cheval au Maroc, ce n’est pas que la tbourida (fantasia) ou la randonnée. LE CHEVAL AU MAROC C’EST AUSSI ET ENCORE TOUJOURS LE TRAVAIL. Dans l’Est du Maroc, nous avons ainsi croisé de nombreux chevaux dans les petites villes d’Erfoud et de Rissani, mais aussi dans le désert où les nomades les utilisent – eux, les ânes et les dromadaires – pour le TRANSPORT DE MARCHANDISES.

Les chevaux croisés en ville (comme sur la photo ci-dessus) sont malheureusement dans UN TRISTE ÉTAT : maigre, les sabots abîmés et – pour celui-ci – boiteux. Il y a encore du travail pour SENSIBILISER les propriétaires AU BIEN-ÊTRE de leur cheval. Leurs priorités – tout comme leurs conditions de vie – ne sont pas les mêmes que les nôtres et on ne peut pas les blâmer pour cela. La SOREC oeuvre toutefois en faveur des chevaux auprès de la population et on s’en félicitera !

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